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« Une entreprise a aussi une responsabilité culturelle envers son territoire »

9 Juin 2026 | Actualités

Isobel Bailey et Laurent Anezot-Lallemand

Depuis plusieurs années, ADEOS accompagne Les Musicales de Redon.
Un engagement discret, mais profondément assumé, qui repose sur une conviction commune : un territoire ne se construit pas uniquement par l’économie, mais aussi par les émotions, les rencontres et les expériences culturelles qu’il rend possibles.
À travers cet échange croisé, Isobel Bailey et Laurent Anezot-Lallemand reviennent sur l’exigence, la transmission, la démocratisation culturelle et le rôle que peuvent jouer les entreprises dans le rayonnement local.

Les Musicales défendent depuis longtemps une approche très ouverte de la musique classique. Pourquoi cette volonté ?

Isobel Bailey :

Très tôt, nous nous sommes dit qu’on ne pouvait pas faire un festival uniquement pour des initiés. Sinon, on tourne vite en cercle fermé.

Notre devise, c’est « la musique à tous cœurs ». Il y a l’idée du cœur au sens émotionnel, mais aussi celle de tous les publics.

Nous allons dans les écoles, les EHPAD, les centres sociaux, les structures médico-sociales, les entreprises aussi. Parce qu’il y a des personnes qui ne viendront jamais spontanément à un concert. Et pourtant, il suffit parfois d’un moment, d’un artiste ou d’une œuvre pour qu’un déclic se produise.

Je me souviens d’un monsieur âgé rencontré à l’entrée d’un concert. Il était venu à pied depuis son EHPAD après avoir assisté à une intervention musicale l’après-midi. Il voulait entendre « le vrai concert ». Ce sont ces moments-là qui nous portent.

 

Laurent Anezot-Lallemand :

C’est justement ce que je trouve très fort dans ce festival.

On sent qu’il y a une vraie volonté d’ouvrir les portes. Pas de rendre les choses plus simples artificiellement, mais de permettre à chacun d’accéder à quelque chose d’exigeant.

Et je pense que beaucoup de personnes découvrent ici une émotion qu’elles n’imaginaient pas ressentir avec la musique classique.

C’est aussi ce qui fait la valeur d’un territoire : sa capacité à proposer autre chose que du quotidien fonctionnel. Un territoire qui fait grandir, qui ouvre des horizons, qui crée des émotions collectives, devient naturellement plus vivant, plus attractif et plus humain.

Vous parlez tous les deux d’exigence. Pourquoi ce mot revient-il autant ?

Laurent Anezot-Lallemand :

Parce qu’elle saute aux yeux.

Quand on voit ces musiciens jouer, parfois pendant une heure, avec cette précision, cette maîtrise, cette concentration… c’est exceptionnel. Même quand on n’est pas spécialiste, on ressent immédiatement le niveau d’engagement personnel qu’il y a derrière.

Ce que permettent Les Musicales, c’est cette proximité avec l’excellence. Voir les regards, les silences, sentir ce qui se passe entre les artistes… cela rend cette exigence presque palpable.

Et forcément, cela me parle aussi en tant qu’industriel. Dans nos métiers, l’exigence quotidienne, le travail de fond, la précision, le collectif… ce sont des réalités très fortes.

Je trouve important que les entreprises soutiennent aussi des démarches qui portent cette culture de l’exigence. Parce qu’au fond, elles contribuent elles aussi à élever le territoire.

 

Isobel Bailey :

Oui, et ce qui est beau dans la musique classique, c’est que cette exigence est tournée vers quelque chose qui dépasse les artistes eux-mêmes.

Dans ce répertoire, les œuvres sont les stars. Les interprètes changent, mais les œuvres traversent les siècles.

Quand on annonce une grande œuvre du répertoire, les musiciens savent qu’ils vont être attendus sur chaque nuance, chaque intention. Cela demande un engagement énorme.

Et c’est aussi ce qui touche beaucoup le public : voir des personnes qui consacrent autant de temps, d’énergie et de sensibilité à leur art.

 

Entretien croisée entre Isobel Bailey et Laurent Anezot-Lallemand

On oppose souvent le monde économique et le monde culturel. Pourtant, vous semblez parler le même langage.

Isobel Bailey :

Je crois que c’est un cloisonnement très français.

La musique accompagne toute une vie. Les grands moments heureux, les moments difficiles, les souvenirs… elle est partout. Pourquoi faudrait-il que le monde économique reste à distance de cela ?

Les artistes ont besoin d’un écosystème pour continuer à créer et à transmettre. Et quand des entreprises locales s’engagent durablement, cela crée quelque chose de très cohérent.

 

Laurent Anezot-Lallemand :

Je partage complètement cette vision.

Une entreprise ne vit pas à côté du territoire. Elle en fait partie.

Quand on parle d’attractivité, on parle souvent d’emploi, d’économie, d’infrastructures… mais les gens regardent aussi la qualité de vie, les événements culturels, l’énergie collective d’un territoire.

Des festivals comme Les Musicales donnent une identité, une couleur, une sensibilité au pays de Redon. Et cela compte énormément.

Je pense sincèrement qu’une entreprise a aussi une responsabilité culturelle envers son territoire. Pas au sens moral ou institutionnel du terme, mais parce qu’elle bénéficie elle-même de ce territoire : de ses habitants, de ses écoles, de son énergie, de son image.

Quand une initiative locale fait rayonner un territoire avec autant de qualité et d’exigence, il me paraît naturel que les entreprises s’y intéressent et participent à leur manière à cette dynamique.

C’est aussi ce qui rend précieux les partenariats construits avec des acteurs engagés localement, comme la Fondation Banque Populaire Grand Ouest (BPGO), qui contribuent à faire vivre ce type d’initiatives sur le territoire.

ADEOS accompagne Les Musicales depuis plusieurs années. Comment voyez-vous cet engagement ?

Laurent Anezot-Lallemand :

Je préfère parler d’accompagnement plutôt que de mécénat au sens “affichage”.

Je suis toujours un peu mal à l’aise avec l’idée de mettre trop en avant une entreprise simplement parce qu’elle soutient un événement culturel.

Ce qui m’intéresse, c’est davantage l’idée qu’ADEOS participe discrètement à quelque chose qui fait sens.

Nous partageons des valeurs communes : l’exigence, l’engagement humain, la transmission. Et je trouve naturel qu’une entreprise locale contribue à faire vivre des événements de cette qualité.

Au fond, il ne s’agit pas “d’aider la culture” comme on cocherait une case. Il s’agit de soutenir des initiatives qui rendent un territoire plus vivant, plus ouvert, plus attractif.

Et cela a aussi des effets très concrets : quand on veut attirer des collaborateurs, des familles, des jeunes talents, il faut pouvoir leur dire qu’ici, il se passe quelque chose. Qu’il existe une vie culturelle, une ambition collective, des événements qui créent du lien et de la fierté locale.

 

Isobel Bailey :

Et de notre côté, cet engagement est précieux parce qu’il s’inscrit dans le temps.

ADEOS accompagne le festival depuis plusieurs années maintenant. Il y a eu notamment ce concert très original autour des sons de machines industrielles, qui avait marqué les esprits.

Ce type de soutien montre qu’il existe ici des entreprises profondément ancrées dans leur territoire, qui considèrent que la culture fait aussi partie de la vie locale.

Derrière la musique, il y a aussi une dimension éducative et sociale très forte dans le festival.

Isobel Bailey :

Oui, profondément.

Quand nous allons dans des écoles, des ITEP ou des centres sociaux, nous voyons parfois des enfants fascinés par ce qu’ils découvrent.

Ils demandent combien d’heures un musicien travaille par jour. Quand ils entendent “huit heures”, ils n’en reviennent pas. Mais cela crée aussi du respect. Ils comprennent ce qu’il y a derrière l’excellence : du travail, de la persévérance, de la discipline.

Et parfois, cela réveille quelque chose chez eux. Une curiosité, une envie, une projection.

 

Laurent Anezot-Lallemand :

C’est aussi pour cela que ces événements sont importants.

La culture aide à grandir. Elle ouvre des horizons. Elle permet à des personnes qui ne se sentaient peut-être pas légitimes de découvrir autre chose, de ressentir autre chose.

Et je pense sincèrement qu’un territoire a besoin de cela. Il a besoin d’endroits où les gens peuvent être surpris, touchés, élevés.

Quand une entreprise soutient ce type d’initiative, elle ne soutient pas uniquement un événement. Elle participe aussi, d’une certaine manière, à la construction humaine et culturelle du territoire.

Vous semblez dire tous les deux qu’un festival comme Les Musicales dépasse largement le simple cadre culturel.

Laurent Anezot-Lallemand :

Oui, parce qu’aujourd’hui, ce festival est devenu un véritable élément du territoire.

Rien ne destinait forcément Redon à devenir un lieu reconnu pour la musique classique. Cela existe parce que des personnes y ont cru et ont travaillé avec constance pendant des années. Je pense que nous pouvons les remercier, et en premier lieu, Henry de Sonis, le fondateur du festival.

Je pense qu’il est important que les entreprises locales prennent conscience de la valeur de ce type d’initiative.

Plus nous aurons d’événements culturels de cette qualité, plus le territoire gagnera en attractivité, en singularité et en rayonnement.

Et je crois que les entreprises doivent pleinement prendre part à cette dynamique collective. Pas pour être visibles. Pas pour communiquer. Mais parce qu’elles ont elles aussi intérêt à voir leur territoire grandir, se renforcer et rayonner.

 

Isobel Bailey :

Et ce qui est important, c’est que chacun prenne sa part, à sa manière.

Nous avons toujours voulu garder un équilibre entre billetterie, soutien privé et soutien public. Parce qu’un festival vivant repose sur un engagement collectif.

Et cet équilibre n’existerait pas sans des partenaires qui comprennent réellement l’importance de l’accès à la culture sur un territoire. La Fondation BPGO joue aujourd’hui un rôle très important dans cette dynamique, notamment à travers le Fonds de dotation qui accompagne concrètement notre développement et nos actions de médiation culturelle.

La culture n’est jamais gratuite, elle se paie ! Derrière chaque concert, il y a des artistes, des équipes, du travail, des répétitions, des partitions, des techniciens…

Mais ce que l’on reçoit en retour est immense : des émotions, des souvenirs, des rencontres, parfois même des transformations personnelles.

Finalement, qu’est-ce qui vous rassemble le plus autour de ce partenariat ?

Laurent Anezot-Lallemand :

L’idée qu’un territoire doit continuer à proposer des expériences fortes, humaines et exigeantes.

Et qu’une entreprise peut contribuer à cela avec simplicité, sans posture, simplement parce qu’elle croit à l’importance de ces moments-là.

 

Isobel Bailey :

Oui. Au fond, nous partageons peut-être surtout cette envie de permettre à davantage de personnes de vivre des moments qui comptent réellement.

A propos des Musicales de Redon

Depuis plus de quatorze ans, Les Musicales de Redon font vivre au cœur du Pays de Redon un festival profondément ancré dans son territoire, porté par l’exigence artistique, le partage et l’ouverture. Édition après édition, le festival réunit artistes, bénévoles, partenaires et publics autour d’une programmation riche et sensible, mêlant les esthétiques, les générations et les rencontres.

Bien plus qu’un rendez-vous culturel, Les Musicales sont une aventure humaine et collective, qui contribue au rayonnement du territoire et à l’accès de tous à une musique vivante, exigeante et généreuse.

Faites un don pour soutenir l’événement avec la Fondation BPGO

Dans le cadre des Musicales de Redon 2026, une campagne de dons est mise en place avec le soutien de la Fondation Banque Populaire Grand Ouest, acteur engagé du développement culturel et associatif sur le territoire.

Grâce au Fonds de dotation porté par la Fondation BPGO, les dons réalisés par les entreprises et les particuliers peuvent bénéficier d’un abondement financier, auquel ADEOS contribue également, permettant ainsi de renforcer concrètement le soutien apporté aux Musicales.